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 Les philosophies du jeu

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i-ve-seen-it

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Dim 19 Mai - 21:54

Il ne serait pas étonnant qu'il ait en effet subverti le message héraclitéen, mais de toute façon, comment savoir? Sur ces fragments, on se reportera avec profit aux travaux de Fink et d'Axelos (par contre le Héraclite de Heidegger est tout à fait indigeste)
Concernant le jeu chez Saint Thomas, j'ai trouvé ceci, ça a l'air assez fendard http://www.youscribe.com/catalogue/presse-et-revues/savoirs/sciences-humaines-et-sociales/la-liceite-du-jeu-et-sa-psychologie-d-apres-saint-thomas-d-aquin-1154199
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l'abou

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 14:58

Est-ce que ce n'est pas poser une question un peu bizarre que de demander aux Platons et autres Aristotes (ou à d'autres plus près de nous) une «pensée du jeu» qui fît du jeu un enjeu plus essentiel que, au choix, la conduite des affaires de la cité, ou la recherche de la vérité? J'aurais tendance à considérer qu'il est déjà extrêmement audacieux de la part d'Aristote d'envisager un moment (Éthique à Nicomaque, X) le jeu comme un concurrent potentiel au titre des fins en soi (pour le dire très vite --- sans doute faudrait-il que je relise). Pour le texte de Politique, V, de même, l'étonnant n'est-il pas, non pas qu'Aristote rejette le jeu comme éventuel but de la vie, mais qu'il l'envisage une seconde? Cf. Éthique à Eudème, I, 5: si l'on pose la question du genre de vie qui me ferait préférer l'existence à la non-existence, est-ce que, par exemple, une vie de belote coinchée ferait pencher la balance? Personnellement, j'en doute; entre le néant et la belote coinchée, mon choix est fait ;·]
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i-ve-seen-it

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 15:18

Etonnant? Je ne sais pas, mais c'est le peuple des jeux olympiques et, comme on l'a dit plus tôt, d'Héraclite. Rien que pour ça, je ne suis pas étonné outre mesure qu'ils en aient dit un mot, justement pour dévaluer quelque peu ce mode de vie glorifié par lui ou Pindare.
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l'abou

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 15:49

Nous n'avons pas la même perception de ce qui est étonnant visiblement; ça va sans doute avec l'idée que le jeu pourrait être un «mode de vie» ou qu'il constitue plus qu'une métaphore chez (p.ex.) Héraclite.
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i-ve-seen-it

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 16:09

C'est exactement cela. L'agôn ayant de plus un place de choix dans cette civilisation.
Dans tous les cas, ma démarche ne consiste certainement pas à éprouver un quelconque "manque" chez les auteurs intellectualistes à cet égard; je suis bien plutôt intéressé par les possibilités de pensées que recèle le jeu chez tous les auteurs qui y voient bien plus qu'une métaphore.
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Romuald

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 17:11

Je ne suis pas persuadé que le jeu ait chez Héraclite une place essentielle ; de plus le fg. 52 ne donne pas nécessairement une image valorisée du jeu (Pradeau par ex. y voit une nuance péjorative :"Que la royauté revienne à un enfant, alors même qu'elle devrait revenir au meilleur des hommes, à un de ces hommes d'exception dont Héraclite fait l'éloge, est à regretter ..."

C'est la position aussi de Bollack et Wismann :"Aussi, quand on eut donné au moit d'aiôn le sens que l'histoire de la langue impose (la durée de vie impartie à chacun) ne pouvait-on plus reprendre en compte la problématique qui inspirait le citateur. Avec la traduction que l'on donne ("La vie est bien un enfant qui enfante, qui joue. A l'enfant d'être roi."), la vie que l'on mène est sotte comme on voudrait que soit sot un jeu d'enfant, et le gouvernement de la cité est dans des mains malhabiles. Si la vision grandiose d'une histoire ludique, extrapolée du texte, fournissait un contre-sens, la restitution philologique du sens juste avait abouti à ne plus rien voir."

L'ennui avec les présocratiques, c'est qu'on peut leur faire dire ce que l'on veut (d'où les multiples Héraclite ...).
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i-ve-seen-it

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 17:33

Oui; et bien sûr je me sens bien plus concerné par l'interprétation nietzschéenne en terme d'"innocence du devenir" ou à partir des conceptions cosmologiques d'Axelos ou de Fink.
J'ai trouvé pas mal de choses intéressantes chez Pindare, dans ses Olympiques et ses Isthmiques; j'ai lu quelques intérprétations à leur sujet; mais si quelqu'un a une quelconque source sur une hypothétique "pensée" des jeux olympiques ou du sport chez les grecs avant Platon, je suis preneur.
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thaumatzein

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 18:39

l'abou a écrit:
Est-ce que ce n'est pas poser une question un peu bizarre que de demander aux Platons et autres Aristotes (ou à d'autres plus près de nous) une «pensée du jeu» qui fît du jeu un enjeu plus essentiel que, au choix, la conduite des affaires de la cité, ou la recherche de la vérité? J'aurais tendance à considérer qu'il est déjà extrêmement audacieux de la part d'Aristote d'envisager un moment (Éthique à Nicomaque, X) le jeu comme un concurrent potentiel au titre des fins en soi (pour le dire très vite --- sans doute faudrait-il que je relise). Pour le texte de Politique, V, de même, l'étonnant n'est-il pas, non pas qu'Aristote rejette le jeu comme éventuel but de la vie, mais qu'il l'envisage une seconde? Cf. Éthique à Eudème, I, 5: si l'on pose la question du genre de vie qui me ferait préférer l'existence à la non-existence, est-ce que, par exemple, une vie de belote coinchée ferait pencher la balance? Personnellement, j'en doute; entre le néant et la belote coinchée, mon choix est fait ;·]

Oui, Aristote dans le chapitre 6 du livre X de l'Ethique semble envisager de façon tout à fait inattendue que le jeu figure au rang des activités les plus hautes (avec la contemplation et l'activité vertueuse) pour la simple et bonne raison qu'il se pourrait qu'elle soit une activité qui a sa fin en elle-même (en ce qu'elle est désirable par soi, c'est à dire qu'elle ne recherche rien en dehors de son simple exercice).
Cependant, cette hypothèse est écartée presque aussi rapidement qu'elle est envisagée par une sorte de raisonnement par l'absurde sous le rapport de la finalité :

"Il serait en effet étrange que la fin de l'homme fut le jeu, et qu'on dût se donner du tracas et du mal pendant toute sa vie afin de pouvoir s'amuser ! (...) se dépenser avec tant d'ardeur et de peine en vue de s'amuser ensuite est, de toute évidence, quelque chose de puéril à l'excès ; au contraire s'amuser en vue d'exercer une activité sérieuse, suivant le mot d'Anacharsis, voila semble t-il, la règle à suivre."

L'argument est assez simple : la seule activité de jeu parait difficilement pouvoir justifier toute la peine qu'un homme se donne à dégager l'espace de loisir où elle pourra prendre place. Alors que le contraire fait davantage sens : qu'on ordonne le jeu comme délassement en vue d'activités plus "sérieuses". Je trouve qu'il y a là une question brûlante pour nos sociétés modernes qui pourraient être définies comme des "sociétés du loisir". Si d'un point de vue psychologique nous semblons tout à fait capable de nous laisser absorber par un jeu comme s'il était une fin en soi, cela ne fonctionne que durant un temps donné. Faire durer l'expérience amène -plus ou moins rapidement - un sentiment d'absurdité de l'existence. Il n'y a qu'à regarder la vie d'une rock-star dont le quotidien devient un terrain de jeu permanent.

Reste la question de savoir comment définir le jeu (je pense ici aux questions de définitions soulevées par les paragraphes 70 et 71 des Recherches philosophiques de Wittgenstein).
Je suis personnellement tenté de la caractériser par son sens le plus développé et son apparence la plus formalisée au sein de la société humaine : une mise en scène mimétique des rapports de forces tels qu'ils sont à l'oeuvre dans le domaine social, ceux-ci étant dégagés de leurs enjeux réels et réglés de telle sorte que chacun puisse participer le plus longtemps tout en préservant la hiérarchie de gagnant et de perdants. Il me semble que tous les usages de jeu répondent de près ou de loin à cette définition. D'ailleurs les jeux animaux (par exemple chez les félins) ne sont ils pas le moyen de développer l'agressivité et les réflexes qui assureront l'activité de chasse qui leur donne une place dans la chaîne alimentaire ?

On peut aussi définir le jeu de façon plus large, en voyant comment on peut le trouver au sein même de notre travail, ou de nos relations sociales (jeux de séduction), etc. Et cela poserait bien d'autres questions. Mais en ce qui concerne la hiérarchisation qu'opère Aristote (selon le rapport de finalité entre les activités humaines), elle garde ici tout son sens : celui qui passe l'essentiel de son temps à jouer se retrouvera dans l'incapacité de s'amuser. En effet, lorsque le jeu devient son activité principale, il perd par cela même sa capacité de délassement, et partant le plaisir particulier qu'il procure. (Il faut voir ici les premières pages du chapitre 7 "la conversion" des varieties de James à propos du rapport différent que nous avons à notre activité en fonction de son éloignement de notre centre de préoccupations. L'exemple du président qui part à la chasse est tout à fait à propos : c'est parce qu'il n'est précisément pas un chasseur que cette activité est pour lui divertissante, que c'est un jeu.)
Ou alors, il faudra se livrer au théâtre d'un changement perpétuel d'activités, ce qui rend la tâche de l'amusement particulièrement difficile, et du coup, quelque peu absurde.

Ceci dit, il est vrai que cela ne dit pas grand chose de l'activité du jeu en elle-même. Aristote ne lui donne ici qu'un sens moral et politique, sans la décrire dans sa propre phénoménalité. Si c'est cela même qu'on cherche chez lui, il est évident qu'on ne pourra pas l'y trouver.


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i-ve-seen-it

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 19:06

La question est effectivement bouillante pour nos sociétés de loisir trop vite condamnées comme société du spetacle, et Belhaj Kacem entend défendre la dignité de l'activité ludique précisément comme praxis, et un des rares cas où l'homme arrive à jouir de la règle et à la rechercher, là où il la subit par ailleurs la plupart du temps comme quelque chose de pénible qui le limite. Il voit même dans le jeu et le sport des possibilités insignes de katharsis ou de relève de la violence guerrière, et rien qu'en cela ces dimensions recèleraient des perspectives utopiques peut être encore inéprouvées; il aime à imaginer que c'est ce que les grecs auraient envisagé, ce qui se ressentirait à travers les oeuvres de Pindare. D'après ce que j'ai lu, je ne le suis pas sur ce dernier point.
Pour sa thèse principale, j'ai trouvé quelques contre-arguments de poids chez Adorno et Benjamin (dans son [i]Baudelaire[i])


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i-ve-seen-it

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 19:14

Si, en devenant activité principale, le jeu perdait ses capacités de délaissement, ce serait justement parce qu'on serait passé à une autre humanité qui aurait cessé de dissocier le travail ou l'activité sérieuse de l'activité ludique. Cette propension funeste à transformer le jeu en intermède entre des activités intellectuelles ou de production sérieuses, revient à comprendre ces dernières comme fatalement aliénantes, mais même le jeu ne serait pas saisi vraiment; il serait comme n'importe quelle dimension de la culture, ravalé au niveau du simple hobby et en cela il ne serait qu'un simple prolongement du mode de production capitaliste. Voilà en peu de mots un des aspects de la critique que propose Adorno du jeu compris comme simple "délassement". Petit extrait de Modèles critique sur le sujet:

"Dans un système où le plein emploi en tant que tel est devenu un idéal, la liberté prolonge directement le travail comme son ombre. Il n'existe toujours pas de sociologie pertinente du sport, et notamment des spectateurs de manifestations sportives. On peut toujours faire cette hypothèse parmi d'autres que les efforts requis par le sport, le fonctionnalisation du corps dans l'équipe, qui s'effectue précisément dans les sports les plus en vue, permettent aux hommes de s'entraîner, dans le savoir, à des comportements plus ou moins sublimés, qu'on attend d'eux dans le travail. L'ancien argument selon lequel on fait du sport pour rester en forme n'est faux que parce qu'on prétent que la forme est la fin en soi; c'est pourtant la forme pour le travail qui est le but inavoué du sport. Souvent on s'impose à soi-même dans le sport pour en jouir comme du triomphe de sa propre liberté, ce que sous la pression sociale on est obligé de s'imposé comme attrayant" (p. 212-213)
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thaumatzein

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 19:39

Toute la question est de savoir dans quelle mesure la pratique professionnelle d'un sport permet à celui-ci demeurer un jeu.

Citation :
Cette propension funeste à transformer le jeu en intermède entre des activités intellectuelles ou de production sérieuses, revient à comprendre ces dernières comme fatalement aliénantes, mais même le jeu ne serait pas saisi vraiment

Il me semble qu'Aristote échappe assez bien à cette critique. En fait, pour lui les activités intellectuelles et vertueuses sont des activités libres par elle-mêmes, d'une part parce qu'on ne peut les exercer que lorsqu'on s'est affranchi du seul travail qui ne répond qu'à la nécessité vitale, et d'autre part parce que ce sont des activités dont le plaisir est immanent, et qui sont leur propre finalité, en ce qu'elles correspondent au libre déploiement des facultés proprement humaines. Dans cette conception, l'exploit du sportif de haut niveau peut tout à fait être inséré dans le domaine des activités vertueuses.
On dirait que bien que nous autres modernes sommes ici tout à fait tributaires de l'évolution moderne qui réduit toute activité à la dichotomie travail/loisir, comme la montré Arendt à propos de l'évolution moderne du rapport traditionnel entre l'action et contemplation (le double renversement + le primat de la contemplation qui a occulté les distinctions au sein de l'action).
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i-ve-seen-it

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 20:12

Je dois évoquer mon point de départ; voici quelques extraits d'une interview (à paraître) de Mehdi Belhaj Kacem concernant le jeu:


Le thème du jeu traverse ton œuvre et revient dans ta philosophie la plus récente. Quelle place lui accordes-tu, quelle est sa fonction dans ton système ?

Mehdi Belhaj Kacem
Oui c'est vrai que ça reste intact. Et je peux récapituler aujourd'hui la manière dont cela fonctionne systématiquement.
Tout d'abord, ce que j'appelle l'archi-transgression est le transcendantal de l'être humain, le fait pour l'être humain de s'être approprié les lois de la nature et de continuer de se les approprier toujours à nouveau. Mais pour résumer disons qu'il s'agit de tous les mots scientifiques en un, comme on procède en philosophie ; simplement ma petite originalité, qui vient de mon autodidactisme, c'est que je montre qu'il y a toujours un aller-retour entre l'empirique et le transcendantal. Je ne fais pas comme la plupart des philosophes, en tout cas professionnels et universitaire. Chez Kant, chez Husserl, on te donne le transcendantal comme ça ; ou encore chez Badiou où la logique c'est le transcendantal. Alors que moi j'éprouve toujours le besoin de dire, la logique, les mathématiques, c'est une sophistication des techniques les plus archaïques, qui sont la chasse, l'agriculture, etc., ce que j'appelle les archi-événements : la science ; et au début ce qu'on appelle la tekhnè (la tekhnè est l'autre de la science elle-même, ça se ramifie ensuite dans toutes les sciences). Tout ça pour dire que l'archi-transgression c'est le premier événement spécifique à l'être humain : l'appropriation des lois de la nature.
Aussitôt qu'on s'est approprié les lois de la nature et de la science, il y a un régime de lois qui est mimèsis de la nature et qui se surajoute à ce que l'être humain s'est approprié, que sont les lois de la politique : les mœurs, la famille, ce qui commence par le tribal,etc. Tribal qui d'ailleurs se maintient encore avec les animaux ; mais il n'empêche, le ver est déjà dans le fruit, c'est-à-dire le fruit défendu, c'est-à-dire la technique. Car la technique est ce qui amène très très vite d'abord une violence expropriatoire qui n'existe pas dans le reste du règne animal, puis, pour essayer de compenser cette violence expropriatoire, ça prend évidemment très longtemps. Parce qu'au début c'est essentiellement des horreurs, ça reste la loi du plus fort comme chez les animaux, c'est d'une telle violence que l'être humain confusément comprend qu'il faut renforcer par des lois, y compris des lois qui régulent l'injustice du maître et de l'esclave. Je récapitule tout ça dans ce moment fondamental de ma pensée : l'appropriation des lois de la nature c'est le scientifique qui se solde par une expropriation en lois politiques dont les autres étants, même les autres animaux, ne sont pas capables. Car même s'il y a des formes d'appropriation chez les autres animaux, elles ne sont qu'embryonnaires par rapport à ce qu'a fait l'être humain. Ça se solde donc par un régime d'expropriation généralisé qui s'appelle la politique. En cela, l'appropriation des lois amène l'apparition de nouvelles lois sur terre, dont les animaux sont incapables : il y a de petits rites chez les animaux, des territoires, etc. mais pas une édiction des règles de coexistence civiques comme il est apparu chez les êtres humains.

MC : C'est donc la dialectique entre la loi et la règle, présente dès Society, que tu réinvestis ici ; mais que tu n''utilises plus comme telle.

MBK : J'y pense, mais effectivement je ne l'utilise pas directement en ce moment. Malgré tout, j'ai gardé le mouvement de Society en ce sens qu'aujourd'hui je maintiens encore qu'en effet le jeu comme apparition de la politique (qui par définition est horrible), c'est un régime d'expropriation généralisé. Et même ce régime de lois qu'on invente après coup pour que la coexistence ne bascule pas à tout instant dans la guerre civile, l'histoire a prouvé que ça ne marchait qu'à moitié... même si ça marche quand même. Je dis que ça marche quand même parce que, qu'est-ce qui se serait passé si on n'avait pas été capable de surajouter ces lois ? Simplement, il y a des lois, comme celle du travail, qui sont subies souffreteusement. Car on aime pas spontanément travailler, sauf exception quand on aime son travail etc., ou aussi, on aime pas payer les impôts, payer les factures, on n'aime pas se soumettre à tout cet ensemble de lois qui se surajoutent aux lois de l'être et de la nature que s'est appropriée la science. Donc la loi comme ça, au sens civique, les règles au sens civique (que je ne différencie pas pour l'instant), sont pénibles.
Malgré tout, il y a un domaine anthropologique où la contrainte de la règle devient voluptueuse. Et ici on est déjà dans la question de la parodie, même si en fait on y est toujours, car au fond, les sciences sont une parodie, elles sont déjà la parodie des lois de la nature, comme la politique qui est une parodie au second degré, c'est-à-dire qu'on va faire comme si les règles de coexistence civile étaient des lois naturelles, on va faire comme si se brosser les dents le matin et se laver c'était naturel ; ça va jusque là. Après le constat est très simple, chez moi à la différence de Bataille, ou d'un certain nombre d'autres penseurs, il n'y pas une métaphysique un peu flottante du jeu : la vie comme jeu, etc. Il y a ces thématiques là mais à condition d'ajouter que pour moi ça part vraiment de l'observation et de l'amour pour la facticité des jeux tels qu'ils existent, des jeux vraiment concrets, du sport aux échecs.

M : Une anthropologie du jeu ?

MBK : C'est un pléonasme... encore que. Parce qu'autant on a l'impression que certains animaux semblent être sensibles à la musique comme les baleines par exemple, autant on n'a pas l'impression qu'ils soient sensibles à la peinture ou à la sculpture, sans parler de la poésie. Or on constate que concernant le jeu c'est autre chose. Chez les animaux il y a des formes vraiment embryonnaires de jeu, et c'est d'ailleurs peut être la seule forme d'art qu'on ait réellement en commun avec eux. Par exemple, on voit très bien que lorsque les chats jouent entre eux ils sont déjà dans la parodie : on voit très bien qu'ils se battent, qu'ils se mordillent, etc. c'est-à-dire qu'ils font semblant de se battre. Mais des fois ils ne font pas semblant et là ils se hérissent, ils vont se massacrer. Et c'est assez rare, on voit que de se battre c'est un état d'exception chez eux. Par contre on les voit se battre pour rire, c'est quelque chose d'assez profond je trouve. Il semblerait donc qu'avec les animaux, et apparemment, comme par hasard, d'autant plus que ce sont des animaux qui nous sont très proches comme les chats ou les chiens, il y a quelque chose comme du jeu. Ils semblent même plus sensibles au jeu qu'à la musique. Contrairement au serpent, ils n'ont pas l'air très sensibles à la musique qu'on diffuse toute la journée. Même s'il y a peut être des exceptions ; on voit quelque fois sur Youtube un chat qui est comme ça, affalé au canapé et qui regarde un concert de hard rock, mais on se dit qu'il est complétement abruti et que ça n'a rien à voir avec le concert de hard rock, et c'est plutôt cette impression d'ailleurs que j'ai.
Donc voilà ma réflexion principale, et c'est pourquoi, plus tard, quand j'ai commencé à relire La Poétique d'Aristote, ça m'a engagé à retrouver la question de la katharsis. Car comment comprendre la katharsis si on considère le jeu d'emblée comme une forme d'art ? C'est-à-dire, si on durcit l'hypothèse en considérant que tous les jeux qu'on crée sont une forme d'art. Et y compris, comme je dis, les Olympiades, puisque du coup on constate que chez les Grecs elles étaient considérées comme telle, c'est-à-dire non seulement comme une forme d'art, mais comme la plus grande forme d'art, la plus sacrée, la plus religieuse. Vous aviez raison de me le signaler hier, et bien évidemment c'est la différence avec le foot contemporain. Mais il n'est pas sûr que la différence soit aussi abyssale justement, car le foot est une religion athée, c'est tout. Il suffit de regarder les Italiens qui sont tellement catholiques, on sent bien que leur vraie religion c'est quand même le foot. Au Vatican ils y vont par tradition parce que leur grand mère y allait et ils veulent vraiment montrer qu'ils sont de bons croyants ; c'est comme les mafieux qui vont rencontrer un cardinal pour qu'il leur lave leurs pêchés. Mais, au fond, il me semble que la ferveur religieuse va plutôt vers le Milan AC et la Juventus que vers Benoit XVI.
Mais voilà, le constat est très simple, il consiste à dire pourquoi est-ce que c'est seulement dans la forme du jeu , indépendamment des lois de la nature et de l'être qui s'appliquent à tout le monde, que nous acceptons la contrainte ? Car finalement, on ne peut rien contre les lois de la nature, donc on a pas à se plaindre d'y être soumis, alors que concernant les lois politiques, les règles sociales, on se plaint tout le temps, depuis toujours et encore aujourd'hui ; comme les Français qui, c'est bien connu, sont râleurs. On râle tout le temps, et à juste titre, je suis très rousseauiste là-dessus, on se plaint très vite des contraintes innombrables de la culture. Par exemple, personne ne vous oblige à mettre des lunettes, ce n'est pas une nécessité naturelle, et c'est la même chose concernant le fait de s'habiller, etc. Sauf que si je ne m'habille pas et s'il fait -15°C, non seulement je risque d'attraper très froid, mais en plus je risque d'avoir des ennuis judiciaires. Voilà ce que signifie la transgression au sens très simple. Et la question du jeu est essentiellement celle là. Pour moi, la question clé est de savoir pourquoi ne jouissons-nous de règles surnuméraires, c'est-à-dire de règles autres que celles de la nature et de l'être, que dans le jeu ? Et on voit tout à coup dans le jeu que la plupart des gens ne trichent pas (même si évidemment il y a toujours des tricheurs), que pour une fois, à l'occasion du jeu, la plupart des gens se soumettent à la règle, alors que lorsqu'il s'agit du travail, des factures, etc. ce n'est pas le cas. Alors bien sûr, on prend gout à s'habiller, etc., mais l'essentiel c'est qu'au départ le jeu est vraiment la sphère esthétique où le rapport à la règle devient jouissif. Et c'est ce qui m'intéresse."




Il y a des passages beaucoup plus interessants dans ses oeuvres, mais flemme de tout recopier

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i-ve-seen-it

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 20:17

Un peu meilleur à mon sens; extrait de son abécédaire à "jeu"

"Jeu : L’humanité a toujours aimé jouer. Avant même de développer l’esquisse de ce qui fera leur destin d’hommes, sensibilité esthétique ou esprit scientifique, les enfants se projettent électivement dans toutes les sortes de jeu qui se proposent à eux. Même avec les mammifères, autant l’art représentatif ou la science tracent des lignes de démarcation infranchissable avec eux, autant nous avons l’instinct de jeu en commun avec nombre d’entre eux. Pour tout dire, il est loin d’être à exclure que les animaux qui jouent ne trouvent pas, dans cette activité, autre chose que ce que nous dans les arts en général (et bien sûr aussi, on va vite le voir, dans les jeux très en particulier) : une katharsis de la cruauté prédatrice. Le jeu animal est la proto-forme de la mimèsis proprement esthétique ; elle est la seule forme d’art que semblent connaître plusieurs espèces animales. Le jeu animal a en commun avec le jeu et nombre d’arts humains de mimer la mort : autrement dit, de jouer à mourir. Mais là où le jeu animal semble se dérouler selon des règles implicites, une sorte de consensus instinctif sur le fait qu’on joue à se battre sans se battre vraiment, l’homme définit ses jeux selon le même critère qui le différencie généralement des autres animaux : édictant partout, grâce à la science, les règles de la nature, il rend aussi explicites les règles de ses jeux. Parce qu’il s’est approprié, seul, les règles pérennes de la Nature et de l’être, l’homme, seul, peut en édicter de nouvelles : ça s’appelle le politique (infra.), pour le pire, mais ça s’appelle aussi le jeu, pour le meilleur.
Le jeu est l’un des domaines les plus révélateurs de l’être de l’homme, et, en ce qui me concerne la seule notion philosophique qui permette d’encore, « les exterminations encore dans nos mémoires et les asphyxies planétaires déjà dans nos pharynx », de rêver encore à un peu d’utopie politique, quand l’essentiel du gauchisme universitaire tire à blanc ses vieux slogans.
L’homme s’approprie les lois de la nature et ça s’appelle la science (supra.). Tout aussitôt il reterritorialise son être-là par un ensemble de règles qui ne s’y trouvaient pas, et ça s’appelle la politique (infra.). On dit toujours « les règles du jeu » et non pas « les lois du jeu ». De même que la politique est une parodie de la cruauté naturelle, de ses lois, parodie qui est le nom propre du Mal (la « trustisation » planétaire n’est pas le marquage du territoire, la guerre n’est pas la lutte des tribus, le meurtre et la torture ne sont pas la prédation, etc.), le jeu est toujours une parodie de la politique, c’est-à-dire le plus souvent de la guerre larvée ou déclarée. Comme souvent, une parodie en quelque sorte seconde des « parodies originaires » se révèle être une « heureuse solution ». Le semblant du semblant n’est pas un nouveau semblant, mais souvent une assomption heureuse de cela qui était refoulé, à cause de son taux évident de pénibilité, au premier degré. Autant la libido anthropologique me paraît s’enlever sur une indubitable violence originaire du lien entre les sexes, ce que j’appelle à la suite d’Adorno « viol archaïque », violence qui est déjà une parodie de la simple « violence » reproductrice mammifère, et l’introduction du Mal proprement dit, autant les parodies secondes que sont des formes aussi diverses et historiquement dispersées que la famille archaïque ou la pornographie, l’amour courtois ou le sado-masochisme, l’amour chevaleresque ou romantique, toutes ces formes sont à la violence libidinale originaire ce que le jeu est à la guerre. C’est le sujet d’Être et sexuation : là où Hegel place le lien politique originaire dans la violence de la relation Maître-esclave, je place la situation amoureuse-libidinale originaire sur un envoi pas moins négatif, qui est une relation « violante » entre homme et femme. Pour plus de détails, rendez-vous au seul tome de L’esprit du Nihilisme qui ne soit pas encore dans le commerce, Être et sexuation.
Le jeu est la katharsis (infra.) de la guerre. On peut bien dire que le sport, avec ses millions monétaires obscènes, ses histoires de dopages et de sang oxygéné, son effet de masse abrutissant, etc., demeure en somme « tout aussi violent » que la guerre originaire (un sociologue l’a soutenu devant moi). Que le rugby et le football, par exemple, demeurent « aussi violents » que la soule qui leur tient d’origine, où l’on s’entretuait encore littéralement pour mener l’archétype du ballon dans l’archétype du but. Soyons sérieux. Le jeu est réellement un dépassement de la guerre. Le jeu est la seule forme, -je dis bien la seule-, qu’ait trouvée l’humanité pour jouir de la règle, là où partout ailleurs les règles civiques, de l’éducation à l’imposition, du travail aux bonnes mœurs, de l’hygiène obligatoire au service militaire, des religions aux factures- toutes ces règles sont vécues, à juste titre, péniblement par l’écrasante majorité de ceux qui en sont sujets. Que la soule, ou les jeux du cirque, aient été des formes « intermédiaires » du devenir-jeu de la guerre, ne dit rien contre l’évidence : le jeu, comme tel, est une des formes supérieures de la civilisation, au même titre que ce qu’on considère généralement comme « l’art ». A rigoureusement parler, le jeu est une forme d’art, sport compris. Pour tout dire, les grecs ne tenaient pas la Tragédie, ni la peinture, ni la sculpture, ni la musique, pour la forme d’art suprême : mais bien les Olympiades. Faut-il rappeler que le plus sous-estimé aujourd’hui des très grands poètes antiques, Pindare, n’a écrit que sur les olympiades ?"
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Romuald

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 21:22

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 21:24

C'est très précisément le genre de ressource que je recherchais : merci! (Je n'ai lu qu'en diagonal pour l'instant)
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Romuald

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 21:29

Je ne l'ai pas cité mais sur le sport tu as aussi le très bon livre d'Isabelle Queval, S'accomplir ou se dépasser qui montre comment le 'sport' antique et le sport moderne sont différents, parce qu'ils sont liés à des cosmologies distinctes (univers clos avec place déterminée de l'homme / univers infini).
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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 21:39

Cela m'aurait grandement étonné que ces thèses n'aient pas été déjà avancées. Belhaj Kacem se réfère cependant plutôt à Huizinga, Homo ludens. Il s'agit de penser dans le sport, "oeuvre d'art totale" (!), et plus généralement dans le jeu, une autre manière d'envisager la politique; il s'agit au passage de penser par-delà toutes les impasses de la pensée post-moderne, toutes symbolisées par ce faux problème qui portait le nom de "nihilisme". Tout un programme...
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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 21:54

(Tiens, celui qui a rédigé "le jeu" chez PUF a apparemment mal négocié son passage à l'émission de philo d'Arte http://www.gamerside.fr/2010/11/22/les-gamers-ont-des-tetes-dabrutis-dixit-arte/ )
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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Lun 20 Mai - 22:44

C'est vrai que c'est cruel. Tous les clichés imaginables en cinq minutes.
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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Mar 21 Mai - 17:02

Gloire à ceux qui s'y retrouvent dans le paysage touffu de la sociologie du sport...
J'ai néanmoins mis la main sur un précieux compendium qui a l'allure d'une référence, de Callède : La sociologie française et la pratique sportive, qui est très recommandable. Autres lectures en train
Vargas : deux ouvrages sur les rapports de la philosophie au sport, qui décrit cinq tendances principales de la philosophie: l'approche fonctionnaliste, le sport comme miroir (déformé pour certains comme les marxistes), le sport comme ressource pour des schèmes mentaux (je n'ai pas vraiment compris cet élément...), l'idôlatrie théorisée (où le sport, comme la criminologie Smile devient sa seule source d'intelligibilité) et enfin un empirisme polémique qui se perd en spéculation...

J'ai découvert aussi un enragé marxiste en la personne de Jean-Marie Brohm, dont les trois ouvrages sur le sport sont une suite d'anathèmes contre le sport et son univers (il traite d'ailleurs volontiers ses collègues socioloques d'"homo stapsiens"). Certains sont cependant particulièrement convaincant (il faut dire qu'il est influencé par l'école de Francfort à laquelle je me réfère volontiers aussi...)
Je n'arrive pas à mettre la main sur Veblen, Théorie de la classe de loisir, au propos extrêmement critique lui aussi sur le sport. J'ai lu un essai d'Adorno sur lui qui m'a mis plus que la puce à l'oreille.

Avis à ceux qui s'interessent comme moi à la pensée de Mehdi Belhaj Kacem : nous cherchons encore deux contributeurs pour la revue Philosophique au PUFC.

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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Mar 21 Mai - 17:11

Le Veblen est en TEL; si tu veux l'original anglais il risque, en ligne, de ne pas t'en coûter davantage que 3€ d'occasion, frais de port compris (voire rien, mais ça c'est si tu pirates, et c'est mal, comme chacun sait).
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MessageSujet: Re: Les philosophies du jeu   Mar 21 Mai - 17:16

Ah oui j'avais pas songé à le lire en anglais. Je vais chercher ça.
Je l'ai détecté en français à la BS d'éco, que je ne connais pas, il faudra le chopper là-bas. L'exemplaire de la B.U est apparemment manquant.
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