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 Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université

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abou

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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Lun 25 Fév - 21:56

Pas sûr que cet article soit très fiable. Je n'ai pas les derniers chiffres, mais sauf erreur les «grandes écoles» dont ils parlent doivent être de plus en plus nombreuses (genre ils y incluent des écoles de commerce, j'vous d'mande un peu), et ça doit jouer fortement sur l'historique des stats. Cela dit, que les formations courtes professionnalisantes soient courtes et professionnalisantes, c'est vrai. Elles ont été faites pour cela et ça, au moins, ça n'a pas trop mal fonctionné --- certes au détriment de pas mal d'autres filières.
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Olivier_



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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Lun 25 Fév - 23:42

abou a écrit:
Pas sûr que cet article soit très fiable. Je n'ai pas les derniers chiffres, mais sauf erreur les «grandes écoles» dont ils parlent doivent être de plus en plus nombreuses (genre ils y incluent des écoles de commerce, j'vous d'mande un peu).


Je ne vois pas bien où est le problème dans le fait que les écoles de commerce soient inclues parmi les "grandes écoles". Déjà, cela fait plusieurs décennies que certaines d'entre elles ( a minima, les 4 ou 5 premières des traditionnels classements) sont considérées comme des "grandes écoles", et non seulement les "écoles préparant à la haute fonction publique". Et, c'est d'autant plus justifié qu'elles le soient pour un tel article, puisqu'il est question de chômage (là,on parle quasi exclusivement, il me semble, du secteur privé) ... Après, bien sûr, on ne nous dit pas combien d'école de commerce sont considérées comme "grandes" pour les besoins de cet article. Mais, étant bien placé pour savoir que les diplômés de la catégorie de tête sont aussi touchés par le chômage, et de manière inouïe, j'en déduis que la situation est d'autant plus alarmante dans les "petites" "grandes écoles".
Alors oui, on a du "temps libre"... Smile , mais c est angoissant.
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abou

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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mar 26 Fév - 1:24

Indépendamment de la pertinence de parler de «grande école» pour HEC par exemple (à mon avis ça n'a aucun sens mais peu importe, ce n'est pas la question), ce que je disais est que s'ils veulent diagnostiquer une évolution, il faut qu'ils le fassent sur un socle constant. Je ne sais pas si, en faisant cette comparaison correctement et sur le long terme, on aurait quelque chose de très significatif.

Là, ils comparent avec les chiffres 2011, c'est-à-dire à très court terme; qu'il y ait un gros effet conjoncturel, possible.

à propos de chiffres 2011, dire que le diplôme ne protège pas, c'est d'abord un peu léger.

Voici un petit tableau http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03345

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&id=584

Sinon (source ministère enseignement supérieur), en 2011, le taux d'insertion professionnelle des étudiants niveau Master à 30 mois est de 91%. C'est vrai que DUT et Licence Pro ont des taux semblables; mais 89% des Master ainsi insérés sont cadres ou professions intermédiaires, c'est 76% avec L.Pro et moins de 60% avec DUT.

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid59111/l-etat-de-l-enseignement-superieur-et-de-la-recherche-n-5-decembre-2011.html

Bref, le bac+5 au chômage ou précaire existe; oui; ce n'est pas encore un phénomène de société, on s'en scandalise parce que c'est saillant et jugé choquant. Je crois que conjoncture plus effet d'optique engage à prendre ce genre d'article avec pincettes.
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mar 26 Fév - 1:55

abou a écrit:
Indépendamment de la pertinence de parler de «grande école» pour HEC par exemple (à mon avis ça n'a aucun sens mais peu importe, ce n'est pas la question), ce que je disais est que s'ils veulent diagnostiquer une évolution, il faut qu'ils le fassent sur un socle constant. Je ne sais pas si, en faisant cette comparaison correctement et sur le long terme, on aurait quelque chose de très significatif.

Là, ils comparent avec les chiffres 2011, c'est-à-dire à très court terme; qu'il y ait un gros effet conjoncturel, possible.

à propos de chiffres 2011, dire que le diplôme ne protège pas, c'est d'abord un peu léger.

Voici un petit tableau http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03345

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&id=584

Sinon (source ministère enseignement supérieur), en 2011, le taux d'insertion professionnelle des étudiants niveau Master à 30 mois est de 91%. C'est vrai que DUT et Licence Pro ont des taux semblables; mais 89% des Master ainsi insérés sont cadres ou professions intermédiaires, c'est 76% avec L.Pro et moins de 60% avec DUT.

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid59111/l-etat-de-l-enseignement-superieur-et-de-la-recherche-n-5-decembre-2011.html

Bref, le bac+5 au chômage ou précaire existe; oui; ce n'est pas encore un phénomène de société, on s'en scandalise parce que c'est saillant et jugé choquant. Je crois que conjoncture plus effet d'optique engage à prendre ce genre d'article avec pincettes.


ah OK,
oui en effet je suis d'accord pour dire que cet article est léger à bien des égards.
Merci pour les liens, je vais les regarder de plus près.

Cela dit, de toute évidence par temps de crise le diplôme protège moins.
Et du point de vue d'un jeune diplômé, dans son timing, 24 mois sans rien ou de petits jobs c'est ENORME. (Et inouï-- la génération de nos parents, parfois moins diplômée, a été très préservée de ce point de vue)

[Hm... Je suis curieux, pourquoi dis-tu qu'il est absurde de parler de "grande école" pour HEC et certaines de ses consœurs ? N'est-ce pas un label de qualité ou du moins de sélectivité plus forte à l'entrée ? Ce terme est-il seulement justifié pour certaines formations ? Et quel(s) type(s) ? (Bon, c'est pas passionnant certes mais qd même ça m'intrigue ce balayage du revers ..]
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mar 26 Fév - 2:30

Olivier_ a écrit:
[Hm... Je suis curieux, pourquoi dis-tu qu'il est absurde de parler de "grande école" pour HEC et certaines de ses consœurs ? N'est-ce pas un label de qualité ou du moins de sélectivité plus forte à l'entrée ? Ce terme est-il seulement justifié pour certaines formations ? Et quel(s) type(s) ? (Bon, c'est pas passionnant certes mais qd même ça m'intrigue ce balayage du revers ..]
Pour HEC et consorts, un lien dit tout: http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_dipl%C3%B4m%C3%A9s_de_l%27%C3%89cole_des_hautes_%C3%A9tudes_commerciales_de_Paris

Et sinon, pour Polytechnique, X-Mines, IEP et l'ENA, deux noms me suffiront (d'une pierre trois coups, et une autre pour enfoncer le clou):
  • Jacques Attali
  • Alain Minc
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mar 26 Fév - 2:44

abou a écrit:
Olivier_ a écrit:
[Hm... Je suis curieux, pourquoi dis-tu qu'il est absurde de parler de "grande école" pour HEC et certaines de ses consœurs ? N'est-ce pas un label de qualité ou du moins de sélectivité plus forte à l'entrée ? Ce terme est-il seulement justifié pour certaines formations ? Et quel(s) type(s) ? (Bon, c'est pas passionnant certes mais qd même ça m'intrigue ce balayage du revers ..]
Pour HEC et consorts, un lien dit tout: http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_dipl%C3%B4m%C3%A9s_de_l%27%C3%89cole_des_hautes_%C3%A9tudes_commerciales_de_Paris

Et sinon, pour Polytechnique, X-Mines, IEP et l'ENA, deux noms me suffiront (d'une pierre trois coups, et une autre pour enfoncer le clou):
  • Jacques Attali
  • Alain Minc


Ouais, bon.. disqualification par certains effets quoi.. ^
Pas très convainquant mais bref.

erratum: consorts bien sur...
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mar 26 Fév - 2:49

Olivier_ a écrit:
abou a écrit:
Olivier_ a écrit:
[Hm... Je suis curieux, pourquoi dis-tu qu'il est absurde de parler de "grande école" pour HEC et certaines de ses consœurs ? N'est-ce pas un label de qualité ou du moins de sélectivité plus forte à l'entrée ? Ce terme est-il seulement justifié pour certaines formations ? Et quel(s) type(s) ? (Bon, c'est pas passionnant certes mais qd même ça m'intrigue ce balayage du revers ..]
Pour HEC et consorts, un lien dit tout: http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_dipl%C3%B4m%C3%A9s_de_l%27%C3%89cole_des_hautes_%C3%A9tudes_commerciales_de_Paris

Et sinon, pour Polytechnique, X-Mines, IEP et l'ENA, deux noms me suffiront (d'une pierre trois coups, et une autre pour enfoncer le clou):
  • Jacques Attali
  • Alain Minc
Ouais, bon.. disqualification par certains effets quoi.. ^
Pas très convainquant mais bref.
Pas convaincant? ça dépend: l'argument n'est pas le même dans les deux cas. Plus sérieusement, je crois qu'on sort parfaitement ignare de ces institutions. Bien sûr, il y a des exceptions, et en particulier, l'argument est très mauvais pour X, IEP ou l'ENA: on pourrait trouver des abrutis dans toutes les promos de toutes les écoles (ne m'envoyez pas BHL à la face!). En revanche, parcours la liste des diplômés notoires d'HEC et dis-moi s'il y en a un seul qui rattrape les autres... ;)
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mar 26 Fév - 3:23


Pas convaincant? ça dépend: l'argument n'est pas le même dans les deux cas. Plus sérieusement, je crois qu'on sort parfaitement ignare de ces institutions. Bien sûr, il y a des exceptions, et en particulier, l'argument est très mauvais pour X, IEP ou l'ENA: on pourrait trouver des abrutis dans toutes les promos de toutes les écoles (ne m'envoyez pas BHL à la face!). En revanche, parcours la liste des diplômés notoires d'HEC et dis-moi s'il y en a un seul qui rattrape les autres... Wink[/quote]

Qu'on en sorte ignare, ça je l'admets bien volontiers; mais la fonction et la finalité de ces écoles est ailleurs: en gros il s'agit de renouveler le corps des cadres supérieurs et dirigeants. Et sur ce point il semble qu'hec et consorts réussissent plutôt bien. (Plus hec que science-po d'ailleurs). On en sort pour la plupart bien formaté pour le business, avec moultes expériences afférentes dans sa besace.
Le qualificatif de "grande" pour certaines de ces écoles, je ne le voyais justifié qu'à ce double titre: la sélection (plus fortes que dans les autres de même rôle) et les débouchés (encore très "sûrs"--même si cela tend à être moins le cas).
On en sort même plus ignare qu'à l'entrée. Ces écoles de commerce font l'effet d'une lobotomie bien particulière.
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Christophe Sabattier



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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mar 26 Fév - 17:04

HEC c'est très bien :-)
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mer 27 Fév - 10:48

Mr_Z a écrit:
je ne suis pas d'accord, si tu as un boulot dans lequel tu ne fais plus de philosophie, tu ne peux rien approfondir et tes connaissances philosophiques se diluent.
un philosophe du dimanche ne fera rien de bien développé.
les boulots actuels prennent tout l'esprit, il n'en reste plus dans lequel l'esprit reste libre, le capitalisme ne le laisse plus libre, il n'y a plus de polisseur de verre ou de veilleur de nuit, libre de son esprit tout en gagnant de quoi manger.
et puis positiver en disant "ça fait de l'expérience", c'est bien joli, mais l'expérimentation, sans travail du concept, ça ne mène pas à grand chose.
la société n'a jamais été aussi riche, mais il n'y a plus d'oisiveté que pour les riches.
même les profs de fac ne sont plus toujours des chercheurs, ils n'en ont plus toujours le temps, accaparés par mille charges administratives.
je ne vois pas qui peut philosopher aujourd'hui...
La nature et le statut de l'activité philosophique ont toujours (et pas seulement aujourd'hui) été, sinon consubstantiels, du moins corrélés au loisir :
Citation :
Les uns ont toujours, du loisir et conversent ensemble en paix tout à leur aise. Ils font comme nous, qui venons de passer pour la troisième fois d’un propos à un autre, lorsque le propos qui survient leur plaît, comme à nous, plus que celui qui était sur le tapis. Que la discussion soit longue ou brève, que leur importe, pourvu qu’ils atteignent le vrai ? Les autres, au contraire, n’ont jamais de temps à perdre, quand ils parlent. Pressés par l’eau [de la clepsydre] qui coule, ils ne peuvent parler de ce qu’ils voudraient. (Platon, Théétète, 172d)
Si Platon a raison, on ne voit pas très bien, effectivement, comment ou pourrait philosopher en étant pressé par le temps. Mais ce n'est pas nouveau. La nouveauté, "aujourd'hui" (depuis deux bons siècles, en tout cas), c'est plutôt que le capitalisme a fait de la capacité à engendrer du profit la conditio sine qua non de la valorisation d'une activité en général. Dès lors, le loisir philosophique au sens antique évoqué plus haut est nécessairement découragé, voire empêché. A moins, bien entendu (et c'est bien là le "génie" du capitalisme que de pouvoir faire de n'importe quoi une source potentielle de profit), ce ne soit que ce que Nizan appelle une philosophie de "chiens de garde", c'est-à-dire qui
Citation :
ne sert point le Vrai [...], l'Universel [...], l'Éternel [...], mais la lutte contre une indignation et une révolte qui se font jour. Elle sert à détourner les exploités de la contemplation périlleuse pour les exploiteurs, de leur dégradation, de leur abaissement. (Nizan, les Chiens de Garde, iv)
Or, je me demande bien dans quelle mesure l'enseignement de la philosophie "aujourd'hui" ne ressemble pas un peu à ça. En d'autres termes, je ne suis pas certain que la pratique de l'enseignement de la philosophie offre de meilleures conditions pour philosopher que n'importe quelle autre activité salariée !

poipp a écrit:
Mr_Z a écrit:
un philosophe du dimanche ne fera rien de bien développé.

C'est vrai que J. Tricot, c'est pas terrible : un Traité de logique formelle, les traductions des Météorologiques, de la Politique, des Catégories, du De l'interprétation, des Premiers Analytiques, des Seconds Analytiques, des Topiques, des Réfutations sophistiques, de la Métaphysique, du De l'âme, du De la génération et de la corruption, de l'Histoire des animaux, du Traité du ciel, du monde du Pseudo-Aristote, de l'Éthique à Nicomaque, de l'Éthique à Eudème, des Économiques, des Parva naturalia, du De spiritu, de l'Isagogè de Porphyre et de la Métaphysique de Théophraste.
En effet, rien de bien développé. Un peu léger.
Tricot, un philosophe du dimanche ??!!

Meta a écrit:
Et on n'est pas tous égaux devant le temps imparti. Celui qui a une après-midi peut être capable de bosser comme un âne durant deux heures là où d'autres vont procrastiner parce que ces deux heures sont plutôt perçues comme un "trou" dans un emploi du temps qui les épuise.
abou a écrit:
Des philosophes qui ne soient pas d'une manière ou d'une autre «du dimanche», je n'en connais guère. Des professeurs qui ont fait leur thèse de 3h à 6h du mat' pendant cinq ans en attendant de réveiller et d'emmener à l'école leurs enfants, avec par ailleurs des emplois du temps plus que blindés, ça, en revanche, j'en connais.
Oui. Comme l'écrit Michel Audiard dans je ne sais plus quel scénario de film, il y a aussi des poissons volants, mais ce n'est pas la règle du genre !

abou a écrit:
Mais je maintiens que le propos d'ensemble me gêne, davantage d'ailleurs pour ce qu'il semble sous-entendre sur la «Pensée» que pour ce qu'il dit au sujet du «Capitalisme», même si là aussi, je me demande si son portrait n'est pas un peu livresque.
And so what ?
Citation :
La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature. (Proust, le Temps Retrouvé
Cf. Zola, Steinbeck, et, pour le roman français contemporain, Mordillat.
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mer 27 Fév - 13:11

Poipp faisait référence au fait qu'on peut, comme Tricot, gagner sa vie en travaillant à la SNCF, et néamoins accomplir, à côté de cela, un travail considérable.

Sur les poissons volants non plus je ne pense pas que les intentions du propos aient été identifiées.

Cela dit, nous sommes d'accord sur le fait que le métier de professeur tel qu'il se présente aujourd'hui n'offre que difficilement les conditions d'un véritable loisir.
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Asclepios

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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mer 27 Fév - 14:10

Je me demande même si l'enseignement aujourd'hui ne serait pas, par certains côtés, néfaste à la philosophie et s'il n'est pas plus intéressant de se coltiner un métier plus pratique et de garder intacte la passion pour la philosophie, laquelle se traduirait en nécessité de prendre sa respiration une fois le travail accompli. Autrement dit, on philosophe parce que le réel est problématique, au lieu de se réfugier dans une tour d'ivoire où l'on risque d'ailleurs de devenir un automate (certes d'une très grande technicité). L'engagement sera d'autant plus fort que l'on prendra le temps de philosopher. D'ailleurs, n'est-ce pas un peu bizarre de penser sur commande (lorsqu'on enseigne) et de faire de la philosophie un métier ? Le professeur a-t-il plus de loisir que les autres, pourquoi se livrerait-il plus que les autres à la philosophie dans son loisir ? De toute façon, la philosophie n'est pas que théorique et affaire de spécialiste, elle devrait aider n'importe quel citoyen à se développer et à s'émanciper. Pourquoi ne pourrait-elle pas être un complément à prendre au sérieux sans pour autant constituer notre activité principale ? Par ailleurs, quelqu'un qui a été gagné à la philosophie peut très bien devenir curieux des choses concrètes, s'attacher à la sphère pratique, tout en continuant à approfondir ses connaissances et sa pensée, à aiguiser son sens critique, parce que travailler ne lui fera pas nécessairement perdre son niveau ni son aspiration au savoir et à la vie bonne. Je me demande également si l'humilité philosophique ne nous engage pas à revenir à la vie ordinaire de la cité, et donc à s'y intégrer (tout en conservant une pensée de derrière la tête).
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mer 27 Fév - 14:24

Bon : j'ai travaillé à l'usine, je ne pensais plus beaucoup, n'écrivais plus rien, et peu à peu mon esprit ne s'occupait plus guère qu'à résoudre des tâches vaines.
Je suis professeur de philosophie, crois-moi on est tout à fait dans le réel, le bavardage, la triche, la saisie informatique, la pédagogie, etc. C'est le meilleur job que j'ai trouvé pour chercher, mais je chercherais bien mieux sans travail, c'est comme faire une thèse avec ou sans financement...
Je crois que tout cela ne se pense pas efficacement, ça se vit. On est manœuvre pendant quelques mois, on fait son ménage, ses courses, on gère la bagnole, le bricolage, la santé, etc. et on fait un bilan ensuite.
Sinon c'est trop abstrait je crois.

Après, je suis d'accord il y a d'autres facteurs : la passion, la force, le sujet, les acquis, la chance, l'entourage, l'astuce, etc.
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Asclepios

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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Mer 27 Fév - 17:53

Je ne dis pas que le professeur n'est pas confronté au réel, ce serait absurde - ne serait-ce que parce qu'il évolue dans un milieu professionnel et parce qu'il est confronté à des élèves (donc toujours à l'altérité qui le provoque, lui résiste, le dépasse, etc.). Mais on peut se demander toutefois si le choix de l'enseignement n'est pas le plus facile (je parle du choix, puisque réussir les concours et enseigner sont des choses difficiles) et le plus sécurisant, et en même temps potentiellement nuisible à la pensée, ne serait-ce que pour des raisons de confort, d'habitudes, ou tout simplement parce que l'on peut perdre le désir de réfléchir ou de se libérer d'entraves par la pensée. Il se peut aussi que la philosophie ait besoin de vivre de ce qui n'est pas elle et que le quotidien et les activités extra-philosophiques soient un terrain plus favorable à la pensée que de passer tout son temps dans le milieu éducatif et dans le milieu codifié de la recherche. Cela dit, je n'affirme rien de manière tranchée, je ne fais que me questionner sur les limites possibles de l'enseignement, et je suppose qu'on est tous amené à s'interroger sur ces limites (parce qu'on est justement confronté au réel, ce qui demande de revoir à la baisse nos exigences au regard de notre idéal de vie). A mon avis, il doit quand même être possible de continuer à se former soi-même et de poursuivre une quête philosophique sans pour autant devenir professeur. Bien entendu, cela exige de s'en donner les moyens (donc d'avoir un certain caractère et de faire des choix dans notre mode de vie) et, comme le cas extrême de l'usine le montre, il ne peut s'agir de philosopher à côté de n'importe quel métier (notamment en ce que le travail empiète sur le temps de loisir en tant que temps de repos) : je suppose que les métiers plus culturels doivent bien permettre à chacun de poursuivre des recherches personnelles (ce qui je pense nous concerne et nous intéresse en particulier puisque certains n'auront pas les concours et devront bien faire autre chose : mais seront-ils contraints de sacrifier ce qui les anime le plus profondément ? Peut-être est-ce aussi bénéfique de ne pas penser à la philosophie tout le temps et de savoir faire autre chose, voire cela peut nous apprendre à devenir humbles, à restreindre nos prétentions : faut-il être reconnu pour philosopher ? - Je parle ici de personnes sérieuses, pas d'autodidactes mystiques et pseudo-philosophes du dimanche).
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Jeu 28 Fév - 13:32

Asclepios a écrit:
Je me demande même si l'enseignement aujourd'hui ne serait pas, par certains côtés, néfaste à la philosophie et s'il n'est pas plus intéressant de se coltiner un métier plus pratique et de garder intacte la passion pour la philosophie, laquelle se traduirait en nécessité de prendre sa respiration une fois le travail accompli. Autrement dit, on philosophe parce que le réel est problématique, au lieu de se réfugier dans une tour d'ivoire où l'on risque d'ailleurs de devenir un automate (certes d'une très grande technicité). L'engagement sera d'autant plus fort que l'on prendra le temps de philosopher. D'ailleurs, n'est-ce pas un peu bizarre de penser sur commande (lorsqu'on enseigne) et de faire de la philosophie un métier ? Le professeur a-t-il plus de loisir que les autres, pourquoi se livrerait-il plus que les autres à la philosophie dans son loisir ? De toute façon, la philosophie n'est pas que théorique et affaire de spécialiste, elle devrait aider n'importe quel citoyen à se développer et à s'émanciper. Pourquoi ne pourrait-elle pas être un complément à prendre au sérieux sans pour autant constituer notre activité principale ? Par ailleurs, quelqu'un qui a été gagné à la philosophie peut très bien devenir curieux des choses concrètes, s'attacher à la sphère pratique, tout en continuant à approfondir ses connaissances et sa pensée, à aiguiser son sens critique, parce que travailler ne lui fera pas nécessairement perdre son niveau ni son aspiration au savoir et à la vie bonne. Je me demande également si l'humilité philosophique ne nous engage pas à revenir à la vie ordinaire de la cité, et donc à s'y intégrer (tout en conservant une pensée de derrière la tête).
Entendons-nous bien. Lorsque je dis que l'enseignement de la philosophie est probablement un enseignement de "chiens de garde" (au sens de Paul Nizan), je veux dire :
- que le professeur est de moins en moins en mesure de montrer à ses élèves l'exemple d'une émancipation par la philosophie (ni, d'ailleurs, par quelque autre discipline d'enseignement que ce soit, malheureusement), d'abord parce que ce qu'il fait est un travail et non un loisir, or "le travail est essentiellement l’opération commandée par l’homme libre et exécutée par l’esclave"(Simondon, l’Indivi­du et sa Genèse Physico-biologique), ensuite parce que c'est un travail salarié et, que, dans le système capitaliste tout au moins, le salarié est celui dont l'employeur exploite la force de travail en le privant de la survaleur que produit cette dernière, enfin pare que c'est un travail salarié sur lequel les contraintes chronophages, celles qui rendent le loisir de plus en plus problématique, s'accumulent à n'en plus finir (je ne donne pas d'exemple de contrainte matérielle, administrative ou pédagogique : toute personne qui a fait ne fût-ce qu'une demi-journée de remplacement dans un bahut sait de quoi je veux parler)
- que, même si, officiellement, le professeur reste "l'auteur de son cours", il est statutairement tenu, entre autres contraintes, par celles d'un programme de notions qui ressemble quand même plus à un catéchisme à la gloire de l'individualisme méthodologique, de la démocratie représentative et du libéralisme économique qu'à une incitation au libre examen et donc à la libre critique des conditions de vie et de pensée de ses élèves (pour ne rien dire du monopole écrasant de la pensée unique sur la production éditoriale, en particulier des manuels de philosophie, monopole qui, bien entendu ne lie pas le professeur mais qui, comme disait Leibniz, "incline sans nécessiter" !)
- qu'il est à peu près admis comme allant de soi que l'année de terminale dans un lycée est destinée à préparer l'examen national du baccalauréat e basta cosi', l'enseignement de la philosophie consistant alors essentiellement à préparer les impétrants à passer l'épreuve de philosophie dans les meilleures (ou les moins mauvaises) conditions possibles, la preuve la plus flagrante de ce caractère délibérément utilitaire de l'enseignement de la philosophie en terminale me semblant être le différentialisme dans les programmes (pourquoi tous les élèves n'ont-ils pas droit au même enseignement philosophique -quand ils y ont droit, cf. les candidats au bac pro !- selon vous ?).

Malgré tout, il ne faut pas non plus exagérer. Le métier de professeur de philosophie, en tout cas dans les classes terminales (je ne parle que de ce que je connais) n'est pas non plus la position sociale la plus diamétralement opposée à l'exercice de la philosophie. Il y a des degrés dans l'infamie ! Ayant commencé à travailler à 17 ans et ayant exercé plusieurs professions, je puis témoigner qu'à défaut de ce loisir, cette "position scholastique idéale" dont parle Bourdieu, le professeur (notamment de philosophie) a, effectivement, sinon du temps libre, du moins du temps vide qu'il peut toujours combler en accomplissant des recherches, en faisant des lectures, en se livrant à des réflexions auxquelles ont plus difficilement accès d'autres professions. Autant d'activités qui, à défaut d'être pleinement satisfaisantes (notamment d'un point de vue philosophique), ne sont pas vaines pour autant. C'est la raison pour laquelle j'ai personnellement désiré l'exercer et que je ne regrette nullement d'y avoir achevé ma carrière salariée. J'y ai en effet connu de purs moments de plénitude, y compris philosophique, tant avec certaines classes (notamment techno, allez savoir pourquoi ...), qu'avec certains collègues non-philosophes (coucou, Marie-Madeleine !), avec certains membres du personnel administratif ou technique et, last but not least, avec M. André Simha, un IPR extraordinaire (qui avait été mon prof de fac !) qui m'a fait connaître Spinoza et que je salue avec le plus grand respect. Mais, pour intenses et enrichissants qu'ils fussent, ces moments ont été trop rares à mon goût (des poissons volants !) et il me tardait vraiment d'être à la retraite ...
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Jeu 11 Avr - 18:08

i-ve-seen-it a écrit:
Educ spé, instit, prof de lettres, consultant chez Pricewaterhouse Cooper, prof de maths, graphiste chez Ellipse...

Je fais remonter cette discussion pour te poser une petite question.
Comment ton collègue est-il passé des études de philo à Pricewaterhouse ? École de commerce entre-temps ?
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   Dim 7 Juil - 15:03

Pyaire a écrit:
i-ve-seen-it a écrit:
Educ spé, instit, prof de lettres, consultant chez Pricewaterhouse Cooper, prof de maths, graphiste chez Ellipse...

Je fais remonter cette discussion pour te poser une petite question.
Comment ton collègue est-il passé des études de philo à Pricewaterhouse ? École de commerce entre-temps ?

Opération Phénix j'imagine.
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MessageSujet: Re: Réussir en « Arts, lettres, langues et SHS » à l’université   

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