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 Devenir Maître de Conférences ?

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Vipère

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MessageSujet: Devenir Maître de Conférences ?   Ven 4 Jan - 19:59

Un "petit" article trouvé sur le net... sans doute trop idéaliste et généraliste, mais si ça peut intéresser et faire naître quelques débats pourquoi pas ! :-)

Citation :
Un billet pour décrire un peu la procédure, à la fois à l'attention des "non-initiés" mais également à l'attention des doctorants et jeunes docteurs qui ne savent pas toujours "à quelle sauce ils vont être mangés" lors de la procédure de sélection.

Le doctorat

Tout d'abord, il faut préciser que pour accéder à cette fonction il faut être titulaire d'un doctorat. Ce n'est pas un mince détail car si dansle cadre de la réforme LMD (Licence, Master, Doctorat) on nous dit juste que le doctorat c'est un bac+8, les choses ne sont pas aussi simples. Jusqu'à bac+5, l'étudiant est en promotion. Donc même si la promotion est réduite, l'étudiant a des "camarades de classe", il suit des cours en groupe, il est évalué régulièrement (contrôle continue, examens, tous les semestres). S'il valide un semestre, il passe au semestre suivant. Je parlerai d'ailleurs bientôt de l'impact de la semestrialisation sur la vie de l'enseignant-chercheur. En doctorat, l'étudiant est tout seul. Bien entendu il y a d'autres doctorants (étudiants en doctorat) mais la relation avec le professeur (le directeur de thèse) est plus individuelle et plus complexe. Par exemple le choix du sujet de thèse. Les doctorants des diverses disciplines ne sont pas logés à la même enseigne sur ce point. En caricaturant (car il y aura toujours des contre-exemples) les doctorants de sciences dures se font "imposer" leur sujet par les besoins du laboratoire qui reçoit des financements sur des thèmes précis alors qu'en sciences humaines et sociales, souvent le choix du sujet va être plus "libre" (dépendant des intérêts du directeur de thèse, ou parfois complètement décidé par le doctorant). La taille et le statut de l'équipe de recherche (UMR CNRS, Equipe d'accueil, etc) va aussi jouer sur la liberté de choix du sujet par le doctorant.

Ensuite vient le déroulement du doctorat à proprement parler. Certains doctorants sont très suivis par leur directeur qui leur donne un à plusieurs rendez-vous par mois, alors que certains ne le voient qu'une fois par an. En résumé certains sont très encadrés, alors que d'autres sont un peu livrés à eux-mêmes. Le passage d'un semestre à l'autre n'est pas quelque chose qui a du sens. Pendant le doctorat, pas de semestrialisation, on fait... Le directeur de thèse contrôle que tout avance normalement, et parfois l'école doctorale (l'administration on va dire) peut également contrôler et refuser qu'un doctorant continue sa thèse si celle-ci juge qu'il n'avance pas convenablement. Finalement, après bien des vicissitudes, pendant trois ans pour certains (chimie, mathématiques, etc) jusqu'a cinq ans en moyenne (sciences humaines) (ce qui veut dire que certains mettent beaucoup plus : 6, 7, 8 ans...) vient la fin de la thèse. Le doctorant a rédigé un document qui est d'abord évalué par le directeur de thèse. Il y a en général quelques modifications à apporter, puis on arrive enfin à une entente : la thèse est finie. Il faut alors la soutenir publiquement devant un jury. Pour cela il faut l'autorisation de deux personnes qui sont des rapporteurs du CNU (Conseil National des Universités) et qui vont autoriser ou non la soutenance de la thèse et, le cas échéant, demander des modifications avant soutenance, ou encore proposer un délai de quelques semaines à quelques mois pour apporter des modifications. Puis le jour de la soutenance arrive ! L'impétrant passe alors devant un jury composé du directeur de thèse, des deux rapporteurs du CNU, d'une personnalité locale (un autre professeur du même laboratoire en général le directeur du labo), il peut y avoir également des professionnels si cela est justifié et d'autres personnalités scientifiques éminentes sur le sujet. Le choix du jury vous vous en doutez joue sur la qualité de la thèse. Plus les personnalités composant le jury seront éminentes et plus votre travail aura de la valeur. La soutenance se déroule, le doctorant présente ses travaux puis répond aux questions des membres du jury, cela peut durer des heures (pour moi cela avait duré 3h) mais selon les disciplines les coutumes ne sont pas les mêmes. Vient ensuite la délibération, le jury se retire quelques minutes et revient pour annoncer au doctorant qu'il obtient le grade de docteur dans sa discipline et annonce également les mentions éventuelles (très honorable, félicitations du jury - on distingue à la majorité et à l'unanimité - , l'éventuelle proposition pour une publication ou un prix de thèse). S'ensuit généralement un apéritif ou un vin d'honneur (à la charge du docteur le plus souvent). Vous pensez que c'est terminé ? Non le parcours commence juste !

La qualification

C'est une formalité administrative mais certains ne passent pas cette étape. Pour pouvoir accéder à la fonction de MCF il faut être qualifié par le CNU. Il faut remplir un dossier (sur internet de nos jours) où l'on décrit l'activité de recherche, d'enseignement et éventuellement administrative réalisée pendant la durée de la thèse. Sont donc mentionnés le sujet de thèse ainsi que les rapports de présoutenance des deux rapporteurs CNU et celui du président du jury (le rapport de soutenance), la liste des communications et publications réalisées, la liste des enseignements (TD, TP, CM) assurés et les diverses responsabilités administratives (encadrement d'un diplome, participation à des jurys, etc). Cela ne se passe qu'une fois par an. Quelle que soit la date à laquelle a été soutenue la thèse. Au mois de septembre, le doctorant (ou docteur s'il a déjà soutenu) déclare qu'il va demander la qualification à la fonction de maître de conférences. Puis en décembre il envoie le dossier. En général, il connaît les résultats au mois de février. Ceci explique donc pourquoi il y a toujours une vague de soutenance en décembre, c'est la dernière limite pour être qualifié pour l'année. Si on rate la date, autant prendre son temps pour peaufiner son travail.

Les résultats des qualifications sont très variés d'une discipline à l'autre, des rapports existent (voir ici) et montrent qu'en moyenne un docteur sur deux est qualifié et que pour certaines sections à peine un tiers des docteurs passent l'étape, alors qu'il atteint 80% pour d'autres. La qualification est valable 4 ans. A cette échéance, il faut reconstruire un dossier.

La candidature

Parallèlement à la procédure de qualification, l'administration fait le bilan des postes à pourvoir dans les universités Françaises. Paraît alors en février/mars, la liste des postes disponibles pour la rentrée suivante. Jusqu'à l'an dernier, tous les postes paraissaient en une seule fois au journal officiel. Depuis cette année, le candidat s'inscrit sur une plateforme du ministère (Galaxie) qui lui envoie les offres "au fil de l'eau" pendant la période de parution, puis publie un gros document contenant tous les postes (session synchronisée) à la fin de la période, cette année, le 3 mars. Les postes sont classés par discipline et également par "article", postes ouverts au docteurs issus du concours de qualification, ou d'autres venant du privé, postes à la mutation, ou par recrutement "normal". Chaque poste est numéroté (comme une annonce d'emploi à l'ANPE) pour pouvoir y répondre. Pour chaque poste on connait donc l'université, la discipline (section CNU), éventuellement la sous-discipline, ainsi qu'une mention "susceptible d'être vacant" si le poste risque de ne finalement pas s'ouvrir (ceci arrive par exemple si la personne qui occupe actuellement le poste a demandé une mutation qu'elle n'est pas certaine d'obtenir). Donc par exemple on peut avoir :

Section CNU 19 (sociologie)
Université de Caen - 0141408E
Emploi n°1296s : Sociologie politique des institutions

ou encore

Section CNU 04 (science politique)
Université de Nice - 0060931E
Emploi n°898

Dans le premier cas, le poste est "fleché". Ceci signifie qu'on attend un profil précis (en l'occurence sociologie politique des institutions). Dans le deuxième cas, l'emploi n'est pas "fleché", tout docteur en science politique quelle que soit sa spécialité peut postuler. Enfin certains parlent également de postes "moustachés", c'est à dire profilés de manière tellement précise que seul un candidat (choisi d'avance) pourrait correspondre exactement au profil ou au contraire non profilé mais dont on sait qu'il y a un candidat "fortement pressenti". Ce dernier point est interessant car il donne lieu à un jeu de rumeurs. Certains candidats peuvent faire volontairement courir le bruit qu'un poste est moustaché dans l'espoir que moins de concurrents viendront se présenter à l'audition.

Une fois la liste des emplois qui correspondent le mieux à son profil établie, le docteur envoie un dossier avant une date limite (cette année le 2 avril) contenant des éléments administratifs précis (confirmation d'inscription sur la plateforme Galaxie, lettre de qualification le cas échéant, rapport de soutenance, liste des travaux et enseignements, attestation de diplome, etc). Ceci représente une certaines quantité de travail et de temps, il faut photocopier tous les documents en autant d'exemplaires qu'il y a de candidatures (le tout multiplié par deux car il y a deux rapporteurs devant la commission cf. infra), remplir tous les accusés de réception, et envoyer tout ça, puis attendre...

Et finalement il reçoit ( ou ne reçoit pas) des convocations pour aller présenter son dossier devant un jury de sélection (que l'on nomme commission de spécialistes).

Le passage devant la commission de spécialistes

Je vais parler ci-dessous de la sélection telle qu'elle fonctionne depuis 1988 (décret du 15/02/1988), c'est à dire par une commission de spécialistes. Cette année pour la première fois le processus sera "différent" (pour la procédure suivie par le candidat ce sera exactement la même chose, en revanche pour le traitement de son dossier c'est une autre histoire) puisque depuis le décret du 10/04/2008 des comités de sélection ont remplacé les commissions de spécialistes. Je referai donc un billet l'an prochain (après observation) pour expliquer le nouveau fonctionnement (pour patienter voir à la fin de ce billet les trois différences sensibles entre commission de spécialiste et comité de sélection)... La commission de spécialistes est, comme son nom l'indique, une commission composée de spécialistes, c'est à dire d'enseignant-chercheurs de la discipline (section CNU). Il n'y a pas de chimiste par exemple dans une commission de géographie. Sa taille varie : je me souviens que lorsque j'ai fait mon tour de france, à Brest il y avait trois personnes alors qu'à Toulouse une bonne vingtaine... Une commission de spécialistes peut réunir plusieurs sections (sections voisines bien entendu, e.g. Droit privé (01) et droit public (02) ; Histoire du droit et des institutions (03) et science politique (04) ; Mécanique (60) et Génie info et automatique (61) etc.). En revanche il ne peux pas y avoir plusieurs commissions par section CNU (même si la section comprend de nombreuses sous-disciplines e.g. section 18 : arts plastiques, arts du spectacle, musique, musicologie, esthétique, sciences de l'art).

Côté candidat

Donc vers le mois de mai, notre jeune docteur va passer ses entretiens d'embauche. Ils tombent tous en même temps sur une période très réduite (trois semaines environ) et sont répartis sur tout le territoire (y compris outre-mer). Ceci signifie que si le candidat est convoqué à une vingtaine d'entretiens, il va surement faire des choix. Par exemple j'ai été convoqué la même matinée à Montpellier, Toulouse et Bordeaux. Comment choisir ? Déjà le fléchage aide. Le docteur va choisir le poste qui est fléché de manière la plus proche de ses compétences. Ensuite, même si on a envie que les universités arrêtent de recruter en local, on sait bien que s'il y a déjà 2 ou 3 candidats locaux, ca va être difficile de leur passer devant même si ce n'est pas une fatalité. Et finalement certaines villes sont plus attractives que d'autres pour le docteur, et il va donc également faire son choix sur ce critère (taille du labo, taille de l'université, prix de l'immobilier, facilité pour son conjoint de trouver du travail, etc etc).

En général, le docteur interessé par une université va prendre un premier contact, hors convocation pour expliquer qu'il est vraiment motivé. Ce n'est pas la coutume, mais dans certaines universités, cela se fait. Les congrès qui souvent tombent au mois de mai sont également le moyen d'avoir un maximum d'informations sur tous les postes de la discipline car beaucoup de membres de commissions sont présents. On peut capter beaucoup de "bruits de couloirs" lors de ces rassemblements. Dans les deux cas c'est l'occasion de discuter de manière informelle sur le poste et surtout d'essayer de percevoir s'il y a un candidat déjà pressenti ou non (on dit alors que le poste est "ouvert").

Finalement, notre docteur se rend à la convocation officielle : tel jour, telle heure, telle salle de telle université. On le fait patienter dans une salle avec d'autres candidats. Puis vient LE moment.. L'entretien devant la commission est une vraie figure imposée. Le candidat doit en 10-15mn présenter ses travaux, ses enseignements, ses responsabilités et son intérêt particulier pour ce poste, ce labo, cette université. La commission lui pose ensuite des questions. Il y en a de tous types : sur la recherche, sur les enseignements, etc. En général, au bout de quelques passages devant les commissions on se rend compte que les mêmes questions reviennent et on peut "jouer" avec : on peut éviter de parler de certaines choses lors de la présentation pour être certain qu'elles feront l'objet de questions. Il est dès lors facile de montrer de l'assurance face à la commission quand on peut anticiper les questions. Il faut également apprendre à manier la langue de bois car certaines questions sans être vraiment des pièges sont posées alors que tout le monde connait la réponse. Par exemple, sont posées des questions sur le choix de l'université, on va demander au docteur : si vous êtes sélectionnés dans votre université et ici, quel sera votre choix ? Tout le monde sait très bien que le docteur restera chez lui, mais on veut voir l'habileté du candidat à répondre à cette question à la fois sans mentir (bien sûr que je vais venir ici, ma mémé habite à côté de la fac !) et en restant politiquement correct (vous rigolez ? je ne viendrai jamais dans ce trou si je suis pris chez moi !). Donc parallèlement au dossier de recherche, d'enseignement et des responsabilités administratives, l'habileté politique du candidat est parfois évaluée. C'est un point assez important dans la mesure où le candidat va se retrouver à devoir gérer des situations parfois délicates (et politiques) dans sa carrière que ce soit avec des étudiants, des collègues, des parents, des journalistes, des professionnels, etc.

Coté commission.

Il y a plusieurs réunions par an. J'ai été membre de commissions de spécialistes dans trois universités (on peut être élu dans une commission qui ne fait pas partie de votre université, il y a toujours des personnalités extérieures dans les commissions) je connais donc au moins dans les grandes lignes le fonctionnement.

- Il y a une réunion où l'on va établir les besoins. Est-ce qu'on va demander ou non l'ouverture d'un ou plusieurs postes auprès du ministère (car c'est un emploi de fonctionnaire, il faut l'aval de l'état). Chaque discipline fait état de ses besoins. Parfois il y a de gros besoins mais ce n'est pas la priorité du ministère d'ouvrir un poste chez vous... En commission on a pas de vision nationale, donc on regarde juste les besoins locaux... Donc on demande un poste ou pas. On l'obtient ou pas... Chaque sous-discipline fait donc valoir ses arguments pour demander un poste et la commission ne peut pas demander un poste par discipline, il faut choisir. Donc chacun fait le bilan des heures supplémentaires et des vacations qui sont assurées par les collègues ou les ater et explique qu'un recrutement ferait du bien car tout le monde tourne en "sur-service" (comprenez donc plus de 192h/ TD par an). Si effectivement il y a plus de 200 heures supplémentaires qui sont effectuées par les collègues on peut justifier une demande. Il y a aussi la recherche : telle technologie est apparue, tel cadre théorique, et personne dans l'équipe ne connait. Si on ne veut pas que l'équipe prenne du retard par rapport aux universités concurrentes, il faut vite recruter quelqu'un. etc etc. On s'entend finalement sur un ou plusieurs postes dont le profil est créé en vue d'un recrutement : telle section CNU et fléchage du poste (sous discipline)

- Une fois que le poste est accepté et que les candidats ont répondu à l'annonce parue au B.O. la commission se réunit pour savoir qui on doit convoquer pour entretien. Tous les dossiers sont répartis parmi les membres de la commissions quelques jours avant. Chaque candidature est distribuée normalement à deux rapporteurs. Lors de la commission chaque membre "rapporte" le ou les dossiers qu'il a eu à évaluer : il présente aux autres membres les points forts et les points faibles du dossier sur les points suivants : recherche, enseignement, administratif. Son rapport est complété du rapport du deuxième rapporteur (il y a deux rapporteurs par candidature si vous avez bien suivi !). Le choix des candidats se fait également en tenant compte que lors des entretiens chaque chaque candidat est entendu une trentaine de minutes, on convoque en général entre 20 et 25 candidats maximum (sachant que 20% environ ne viendront pas pour X raisons), ca laisse une journée complète pour écouter ce qui vont venir à savoir une quinzaine de personnes.

- Vient enfin la commission de recrutement. Chaque candidat est entendu une trentaine de minutes. Il se présente 10-15mn et on lui pose des questions. On fait un débrief rapide de 2mn entre chaque candidat, on prend les décisions en fin de journée. C'est un exercice difficile que de choisir le bon candidat. On a beau vouloir être complètement objectif, certains vont voir le potentiel du chercheur qui va améliorer le dossier de publications du labo, d'autres vont voir le candidat idéal pour assurer des cours et td que personne ne sait bien traiter, d'autre le futur responsable de telle formation, d'autres le collègue de bureau, etc etc. En outre, la commission de spécialistes est constituée de spécialistes de la section CNU ce qui, même si c'est spécialisé, demeure toutefois assez large. Donc il peut y avoir plusieurs sous-disciplines représentées. Si on prend la section 6 Sciences de Gestion, on a le marketing, les ressources humaines, la finance, la comptabilité, etc. pour la section 15 (Langues et littératures) il y a l'arabe, le chinois, le japonais, l'hébraique... Chacune des disciplines a ses propres thématiques de recherche, ses propres formations... Du coup, chaque sous-discipline va vouloir pencher pour un candidat particulier. Ceci pour améliorer la production scientifique de l'équipe, assurer des enseignements dans les formations spécifiques, et plus politique encore, pour faire un élément de plus, qui potentiellement sera une voix de plus dans des décisions qui seront prises par des commissions, le CA, le comité directeur. La commission de spécialiste elle-même est constituée dans cet esprit. Les membres de la commission sont élus. Chaque sous-discipline doit normalement être représentée. Mais si une sous-discipline est plus représentée que les autres, elle va forcément avoir une position de force sur les recrutements, donc parfois il peut arriver qu'on privilégie une sous-discipline (et donc à l'arrivée un candidat) pour équilibrer les rapports de force entre les équipes. Une fois que la commission a entendu les candidats, il y a délibération en fin de journée et un classement des candidats est établi. Ce classement est ensuite validé par le conseil d'administration de l'université

Et finalement...

La commission émet donc un classement des candidats auditionnés. Tous les candidats ne sont pas classés. Par exemple, si 15 candidats ont été entendus pour un poste, il peut arriver que seul 4 ou 5 candidats (voire un seul) soient classés. Ceci est lourd de conséquences : si aucun des 5 classés n'accepte le poste, les non classés n'ont pas le droit de l'occuper. Notre docteur se retrouve donc à la fin des entretiens, avec une liste de classement. Il sait qu'il est 2° à Nantes, 3° à la Rochelle, 5° à Paris, 2° à Limoges, 1er à Grenoble et non classé par les autres. Pendant quelques jours, il se joue alors un jeu de chaises musicales. Ceci se fait par internet, toujours sur la plateforme Galaxie, sur son module ANTARES. Les candidats classent toutes les universités dans lesquelles ils ont été eux-mêmes classés, par ordre de préférence. Si un candidat met en première place une université dans laquelle il est classé n°1, ceci équivaut à accepter le poste. Chaque candidat une fois qu'il accepte son poste, fait remonter les candidats qui sont derriere lui sur tous les classements. Donc admettons dans l'exemple ci-dessus que notre candidat veuille aller à La Rochelle. Il n'est que 3ème dans cette université. Le 1er sur La Rochelle veut aller à Grenoble (université sur laquelle il est classé 2°). Le 2° au classement de La Rochelle veut aller à Nantes et se trouve déjà premier au classement de Nantes. Tout va bien pour notre candidat. Celui qui est 2e à La Rochelle va à Nantes. Du coup notre candidat passe de la 3e à la 2e place à la rochelle. Et ensuite vu qu'il va mettre comme 1er choix La Rochelle et que celui qui est 1er à la Rochelle est 2e à Grenoble va mettre comme premier choix Grenoble, chacun aura ce qu'il veut. Cela n'arrive pas toujours comme ça et certains se retrouvent sans poste à la fin de cette procédure en se retrouvant par exemple second ou troisieme sur tous les classements.

Juin/Juillet tous les choix sont validés auprès des universités. Notre docteur est convoqué dans sa future université, on va lui expliquer quels sont les cours qu'il va devoir assurer, les td, les responsabilités, avec qui il va partager son bureau, lui donner son accès bibliothèque, restaurant administratif, place de parking, etc etc. Et comme c'est également le cas dans le secondaire... il faudra bien qu'il attende novembre pour avoir son premier salaire (1731eu net) de septembre !

Administration quand tu nous tiens...



******
En attendant de pouvoir observer la campagne de recrutement de cette année, voici les principales différences qui me semblent importantes entre commission de spécialistes (1988-2008) et comité de sélection (à compter de cette année) :

. La première différence notable entre commission de spécialistes et comité de sélection est que les membres de la commission sont élus par leurs pairs alors que le comité de sélection est voté par le CA (restreint aux enseignants-chercheurs ou toute personne de grade équivalent uniquement) de l'université sur proposition d'une liste par le président. Ils sont donc choisis et non élus.

- La commission de spécialistes était le jury. C'est elle qui désignait la liste des candidats et leur classement. Le conseil d'administration de l'université ne faisait que l'entériner. Maintenant, le comité de sélection ne fait qu'émettre un avis sur chaque candidature et sur le classement. C'est le conseil d'administration restreint qui établit la liste et le classement sur la base de l'avis du comité de sélection. Le CA restreint n'est pas obligé de tenir compte de l'avis du comité de sélection : il peut le modifier ou même complètement le rejeter.

- Enfin, la commission de spécialistes comme son nom l'indique était composée de spécialistes de chaque discipline de la section de manière à ce que les dossiers des candidats soient examinés par des spécialistes de leur discipline. Ceci n'est pas garanti dans la nouvelle procédure comité de sélection / conseil d'administration : 1) la présence de spécialistes de chaque discipline est impossible dans la plupart des CA de grandes universités (car il y a trop de disciplines). 2) Le CA désigne les candidats et leur classement sur la base de l'avis du comité de sélection, sans connaitre les dossiers des candidats.
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